Quand j’étais petit, je voyais ma grand-mère comme une personne âgée qui stressait qu’on abime ses meubles, son parquet et qui avait des soucis de santé, diabète et compagnie. Dans ma tête c’était pas vraiment la personne la plus fun du monde à un âge où tu as soif d’aventure et d’héroïsme.
Et un week-end, lors d’un événement en famille, je mangeait en face de ma grand-mère. Elle a commencé à parler de sa jeunesse et de la seconde guerre mondiale.
Elle avait fait partie de la résistance française, et elle nous racontait qu’elle fabriquait des armes dans un atelier. Un jour une fille est arrivée en courant dans l’atelier en criant « les SS arrivent, les SS arrivent ! ».
En quelques minutes, les femmes qui travaillait la se sont enfuient, mais ma grand mère ne pouvait pas imaginer que tout le travail accompli jusque là serait perdu.
Avec une amie, elles ont rassemblé les armes et le matériel pour tout cacher dans un puit derrière l’atelier. Quand les SS sont arrivés elles ont juste eu le temps de se cacher dans le puits avec tout le matériel.
Arrivés à l’atelier, les SS n’ont trouvé aucune trace du travail de la résistance. Un SS est même passé près du puits sans les voir.
Wouah, mamie à fait de la résistance !
Je devais avoir 10 ans quand j’ai entendu cette histoire, et ça a complètement changé ma manière de voir ma grand-mère.
C’est comme si, d’un seul coup j’avais réalisé qu’un jour ma grand-mère avait été jeune, pleine d’énergie, et elle est devenue intéressante à mes yeux et notre relation a complètement changé.
Ce qui est fou, c’est que ma grand-mère n’a pas changé entre avant et après avoir raconté son histoire. C’est ma perception qui à changé quand j’ai entendu cette histoire.
Et je crois que c’est ça le pouvoir des histoires. Je crois que la différence entre les gens intéressants et les autres, c’est qu’ils partagent de leur vie en racontant des histoires.
Maintenant, je me suis lancer un défi : quand on me demande des nouvelles, j’essaie de raconter une histoire plutôt qu’une description des faits.